Le dépistage précoce : la meilleure mesure de prévention

Lead story imageDix ans après qu’une analyse sanguine a dépisté un taux élevé d’antigène prostatique spécifique (APS), indiquant la présence du cancer de la prostate, Eugene Yaremy mène une vie heureuse. En effet, le dépistage précoce lui a permis de prévenir une forme plus grave de ce cancer. À 71 ans, Eugene relate clairement la voie qu’il suit depuis dix ans pour jouir d’une bonne santé aujourd’hui.

« Je travaillais outre-mer et, à mon retour, j’ai demandé à mon médecin de me soumettre à un examen complet. Le test de dépistage de l’APS a montré que le taux d’antigène était élevé sans toutefois être alarmant. Par conséquent, mon urologue a décidé de surveiller mon état de près et nous avons amorcé, ensemble, une période « d’attente et de surveillance » de deux ans. La troisième année, le taux d’APS a augmenté de 50 p. 100 et j’ai dû être hospitalisé pour subir une biopsie, puis une intervention chirurgicale pour me faire enlever la prostate. » Au cours des sept dernières années, Eugene a aussi reçu de la radiothérapie et il a participé à une étude clinique dans le cadre de laquelle on lui a fourni de l’hormonothérapie pendant deux ans. « Ma femme ne m’a pas trop plaint quand j’ai eu des bouffées de chaleur », plaisante-t-il.

Eugene est bien conscient de la différence que le test de dépistage de l’APS a eu dans sa vie. Voilà pourquoi il s’emploie à sensibiliser la population au cancer de la prostate. En effet, il est bénévole au bureau de Niagara de la Société canadienne du cancer et dirige le groupe de soutien pour personnes touchées par le cancer de la prostate dans la région de St. Catharines. « Nous tenons des groupes de discussion, invitons des conférenciers et regardons des vidéos. »

« Le cancer de la prostate est la malignité la plus courante chez les Nord Américains, fait remarquer le Dr Ron Casselman, urologue en poste à St. Catharines. Un homme sur six en sera atteint et un homme sur vingt sept en mourra. »

Le secret de la prévention, c’est, bien sûr, le dépistage précoce. Le test de dépistage de l’antigène prostatique spécifique, analyse sanguine simple effectuée dans un laboratoire médical, constitue le meilleur mode d’avertissement à la disposition du patient et de son médecin. Le taux normal d’APS varie selon l’âge. En effet, il augmente avec l’âge, p. ex. à 50 ans, il se situe entre 2,5 et 3,5 nanogrammes par ml; à 60 ans, entre 3,5 et 4,5, et à 70 ans, le taux normal est de 6,5. Il est important que les résultats du test soient interprétés par un médecin afin de déterminer si une biopsie s’impose.

Selon le Dr Casselman, le régime alimentaire pourrait jouer un rôle déterminant dans l’évolution d’un cancer de la prostate, à savoir si celui ci demeurera latent ou s’il pourra devenir dangereux. « En Thaïlande et au Japon, la fréquence des cancers de la prostate est sensiblement moins élevée qu’en Amérique du Nord, fait qu’on attribue au régime alimentaire. » Effectivement, un régime riche en produits à base de soja et en protéines végétales et faibles en graisses animales pourrait, en partie, expliquer cette différence. De plus, des résultats de recherches récentes concernant les lycopènes (tomates) et diverses vitamines pourraient entraîner des progrès remarquables en matière de prévention du développement du cancer de la prostate.

Pour contribuer à atténuer « le mystère et la crainte » associés à cette forme de cancer, on tiendra un forum de sensibilisation au cancer de la prostate le mardi 23 septembre prochain, à 19 h 30, au Club Roma, 125, chemin Vansickle, à St. Catharines. Figurent parmi les conférenciers le Dr N. Fleshner du Princess Margaret Hospital, à Toronto, le Dr Casselman et le Dr J. Lee, urologues de St. Catharines, ainsi qu’un survivant du cancer de la prostate.

D’après le Dr Casselman, les hommes sont de plus en plus prêts à prendre leur santé en main, ce qui s’avère de toute importante en ce qui a trait au cancer de la prostate étant donné qu’il n’y a aucun symptôme précoce.« Il s’agit d’une forme de cancer souvent indolore, qui se développe lentement et qui ne présente aucun symptôme et le test d’APS est le meilleur test de dépistage et de surveillance du cancer qui existe actuellement, dit il. Les patients que nous voyons aujourd’hui sont très bien informés et participent activement aux divers traitements. »

Quatre choix de traitement s’offrent à ces derniers, soit une intervention chirurgicale servant à enlever la prostate au complet, laquelle est située à la base de la vessie; la radiothérapie, qu’on administre dans un centre de cancérologie; l’hormonothérapie et la chimiothérapie. À l’heure actuelle, les résidents de Niagara doivent se rendre à l’extérieur de la région pour obtenir de la radiothérapie. Toutefois, la construction prévue du Centre de cancérologie de la région de Niagara permettra aux patients de recevoir tous les services d’oncologie ici même. « Aujourd’hui, nous avons de la difficulté à atteindre notre objectif, c’est à dire de commencer la radiothérapie en moins de quatre semaines, et nos patients se rendent à Hamilton, à Toronto, à London et à Buffalo pour se faire traiter. »

Pour donner le coup d’envoi à la campagne locale de financement du centre de cancérologie, qui sera situé à St. Catharines, le Dr Casselman et Eugene Yaremy, survivant du cancer de la prostate, entre autres, organisent un gala du ruban bleu, qui aura lieu le 26 septembre, également au Club Roma. L’orchestre symphonique de Niagara saura divertir les convives pendant le dîner et la soirée. Les billets se vendent 100 $ chacun et sont disponibles en communiquant avec le Dr Casselman au 905 687-4004 ou au 905 685 1627.

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