Amélioration des soins de cancérologie dans la région de Niagara
- AVRIL 2005
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Il y a dix ans, Pat Hockings, survivante du cancer du sein, a eu à se rendre à Hamilton, tous les jours pendant trois semaines, pour recevoir des traitements de radiothérapie. Cette résidente de Port Colborne n'oubliera jamais ces longs trajets quotidiens solitaires qu'elle a dû faire en cette période aussi émouvante et accablante de sa vie.
« C'était épuisant, explique Pat. Heureusement, c'était l'été et je n'avais pas à m'inquiéter du temps qu'il faisait. » Aujourd'hui âgée de 60 ans, Pat dit avoir décidé, peu de temps après le diagnostic, qu'elle allait vaincre le cancer qui menaçait de lui enlever la vie.
Pour ce faire, elle a dû, entre autres, apprendre à accepter les voyages aller-retour quotidiens à Hamilton pour subir des traitements. Pour maintenir son attitude positive, elle empruntait, chaque fois, un parcours légèrement différent, elle écoutait des cassettes de motivation et de la musique et elle arrêtait prendre de la crème glacée ou un café en route. « Ce n'est pas que je ne suis pas reconnaissante, dit-elle, mais, il va sans dire qu'il aurait été tellement plus facile d'avoir eu à me rendre à St. Catharines seulement. »
Malheureusement, dix ans plus tard, les patients atteints de cancer ainsi que leurs proches sont encore obligés de faire ce voyage épuisant à Hamilton pour recevoir des services et des soins en radiothérapie. Toutefois, le Système de santé de Niagara (SSN) déploie beaucoup d'efforts pour changer cet état de chose afin que les patients comme Pat aient accès, plus près de chez eux, aux soins et aux services en cancérologie dont ils ont tant besoin.
On attend justement que le ministère de la Santé et des Soins de longue durée approuve la proposition du SSN visant l'ouverture, en 2009 2010, du premier centre de cancérologie spécialisé complet dans la région. Ce centre serait situé à St. Catharines Ouest, à l'emplacement du nouveau centre hospitalier proposé.
« Il est impératif que nous appuyions les résidents de nos communautés atteints de cancer et que nous trouvions des moyens d'éviter qu'ils aient à se déplacer à l'extérieur de la région de Niagara pour recevoir des soins dont ils ne peuvent se passer », fait remarquer Linda Boich, directrice de la planification, qui est chargée de la planification du centre régional de cancérologie.
Le Centre régional de cancérologie de Niagara (CRCN) serait le noyau d'un réseau régional coordonné de cancérologie pour la région de Niagara. Le SSN serait l'hôpital hôte et exploiterait ce centre de traitement complet en partenariat avec Action Cancer Ontario.
Selon la proposition, le CRCN deviendrait une ressource essentielle pour les personnes parmi les 410 000 résidents de la région de Niagara qui ont besoin de radiothérapie et de chimiothérapie (traitement systémique). Un seul exemple suffit pour illustrer les grands avantages de la réalisation de ce projet : il permettra à environ 1 000 patients, qui doivent maintenant se rendre à Hamilton, de se faire traiter plus près de chez eux.
Le SSN continuerait à exploiter une unité d'oncologie destinée aux patients hospitalisés de même que divers services de soutien hospitaliers. Axé sur le patient, le nouvel emplacement offrirait un milieu non clinique en activité 12 heures par jour. Au départ, il abriterait trois salles de radiothérapie et 24 postes de chimiothérapie et il passerait, plus tard, à quatre salles de radiothérapie et à 31 postes de chimiothérapie.
Les patients du CRCN viendraient presque exclusivement de la région de Niagara. On prévoit que, en 2009-2010, le CRCN accueillerait environ 2 611 patients. Ces derniers seraient tous examinés et suivis dans la région de Niagara. Un nombre limité de patients nécessitant des soins spécialisés seraient traités ailleurs.
Les patients atteints de cancer, les survivants du cancer et leurs familles ainsi que les professionnels de la santé s'entendent tous pour dire qu'on a urgemment besoin de soins en cancérologie ici-même, dans la région de Niagara. Ce besoin prend d'ailleurs de plus en plus d'importance.
Le cancer est la deuxième cause de décès en Ontario. On estime que, en 2004, 25 000 personnes sont mortes du cancer dans la province, ce qui représente environ 70 décès par jour ou un décès toutes les 20 minutes.
Par ailleurs, deux ménages ontariens sur trois comptent un membre de la famille qui a été touché par le cancer. De plus, le nombre de nouveaux cas de cancer est à la hausse en raison de la croissance démographique, du vieillissement de la population et de l'augmentation des facteurs de risque liés au cancer.
En Ontario, on estime que 85 p. 100 des nouveaux cas de cancer se présentent chez les personnes de 50 ans ou plus. Or, cette tranche de la population croît à un taux moyen de 2,5 p. 100 par année, soit presque le double du taux de croissance démographique globale, ce qui constitue une grande préoccupation dans la région de Niagara, où les résidents sont plus âgés, plus malades et plus pauvres que le reste de la population ontarienne.
« Le taux de survie pour bon nombre de formes de cancer a augmenté depuis 20 ans et on s'attend à ce que cette tendance se poursuive, ajoute Linda. Cette hausse est largement attribuable à l'amélioration des traitements et au dépistage précoce, ce qui justifie davantage la nécessité de mettre sur pied un centre régional de cancérologie dans la région de Niagara. »
Le nouveau centre de cancérologie gérerait les cliniques satellites déjà en place à Welland et à Niagara Falls. Doté d'un personnel d'environ 177 équivalents temps plein, le centre serait complètement intégré et une unité d'oncologie destinée aux patients hospitalisés se trouverait dans l'hôpital adjacent. On pourrait ainsi prendre soin des patients atteints de cancer dans un milieu multidisciplinaire.
En outre, le centre offrirait des programmes de soins ambulatoires en chimiothérapie, en radiothérapie, en oncologie chirurgicale et en oncologie préventive ainsi que des soins de soutien. On y réaliserait aussi des essais cliniques (des recherches sur de nouveaux régimes de traitement menées auprès de patients consentants).
Selon la proposition, le ministère de la Santé et des Soins de longue durée assumerait entre 65 p. 100 et 70 p. 100 des coûts liés à la construction du centre de cancérologie. Des dons provenant de toute la région financeraient l'autre portion, soit de 30 à 35 p. 100. On a déjà amorcé des activités de financement afin de démontrer l'engagement de la population de la région de Niagara envers ce projet d'envergure. En effet, une fondation régionale du SSN a été mise sur pied dans le but de mobiliser des fonds pour le centre. Bien qu'une campagne de financement importante en soit encore au stade embryonnaire, il est possible de faire un don en communiquant avec Bill Hallett, directeur général de la Fondation du SSN, au 65, rue Third, Welland, L3C 4W6 ou en téléphonant au 905 732-6111, poste 2245.