Étude sur la prévention de la démence

Article vedette de juillet 2007

L'étude sur la démence ne serait pas possible sans le dévouement de tous les membres de l'équipe. Membres de la Robert Bell & Gladys May Bell Memorial Foundation (sans ordre particulier) : Louis et Stella Ziff (assis), Margaret Sisler, Linda Ressler, Gerry Chapman, Carrie Kaye. Membres de l'Équipe d'évaluation gériatrique : Wendy McPherson, Carol Colangelo, Shirley Hawkey, Rosemary Panetta, Christine Lam-Au. Bénévole du Programme d'évaluation gériatrique : Edith McLeod. Chercheurs principaux : Dr Willie Molloy et Dr David Cowan.

Dès qu'il est question d'une étude destinée à aider les patients atteints de démence, le Dr Willie Molloy, gériatre, devient encore plus animé que d'habitude. « Nous parlons d'une étude de recherche qui pourrait aboutir à une percée importante dans la lutte contre la démence puisqu'elle pourrait permettre de retarder l'apparition de la maladie d'Alzheimer et également avoir des retombées intéressantes pour les personnes atteintes de la sclérose en plaques, de la SLA et de la maladie de Parkinson, indique le Dr Molloy. Le plus intéressant, c'est que l'étude se déroule ici, dans la région du Niagara. »

Le Dr Molloy fait allusion à une étude de recherche qui a débuté en janvier 2007 auprès de patients du Programme d'évaluation gériatrique de l'emplacement Greater Niagara General (GNG), du Système de santé de Niagara, à Niagara Falls. Au cours des prochaines années, 100 patients de la région seront recrutés ainsi que 400 patients de Hamilton, Toronto, Saint John (Nouveau-Brunswick), Halifax, London, Peterborough, Simcoe et Kitchener. Le Dr Molloy dirige l'étude à partir de l'Hôpital St. Peter's, de Hamilton. « Nous complèterons l'essai de quatre ans et publierons nos résultats. Si les résultats escomptés sont obtenus, les patients pourraient commencer à profiter d'un nouveau mode de traitement de la démence dès 2011. »

L'étude a reçu une contribution financière importante de la Robert Bell and Gladys May Bell Memorial Foundation, fondation de la région de Niagara qui soutient la recherche pour les patients atteints de la maladie d'Alzheimer et leur famille. « Nous sommes ravis de pouvoir aider les patients par le biais de cette étude, précise Margaret Sislar, membre du conseil d'administration de la Fondation. Le potentiel de cette étude est énorme et nous sommes ravis de pouvoir en faire partie. »

Les participants sont des patients atteints de démence à des stades différents, nombre d'entre eux ayant la maladie d'Alzheimer. L'étude compare l'efficacité de deux médicaments, la doxycycline – utilisée pour traiter l'acné, et la rifampine – utilisée dans le traitement de la tuberculose et de la lèpre. Une étude antérieure de plus petite envergure dirigée par le Dr Molloy et son équipe de chercheurs il y a quelques années a produit des résultats intéressants, soulignant la nécessité d'une étude plus détaillée. « Nous avons trouvé que les médicaments permettaient de ralentir la progression de la démence – c'est-à-dire que la démence du patient ne s'aggravait pas comme elle l'aurait fait normalement. »

Cette fois, nous procédons à une étude approfondie de chaque patient pendant un an. Christine Lam-Au, infirmière autorisée, est la coordonnatrice de l'étude à l'emplacement GNG. « Une fois que le patient et le membre de sa famille ou son soignant acceptent de participer à l'étude, nous procédons à une évaluation de deux heures au cours de laquelle le patient subi des tests de mémoire et une évaluation de sa capacité à accomplir les activités de la vie quotidienne (comme les soins corporels, l'habillement et la toilette), de son humeur et de son comportement et d'autres facteurs qui sont des symptômes de la démence, explique Christine. Nous faisons des analyses de sang, effectuons un examen tomodensitométrique (scan) et prenons un échantillon du liquide céphalo-rachidien. » On n'analyse pas habituellement le liquide céphalo-rachidien des patients, mais comme l'étude examine le mode de fonctionnement des médicaments dans le cerveau, il sera utile d'avoir des échantillons pré- et post-traitement.  

Les patients participent à ce que l'on appelle une étude à double insu. Ils reçoivent une combinaison des deux antibiotiques à l'étude ou deux placébos qui n'auront aucun effet. « Nous fournissons les médicaments et placébos en quatre combinaisons différentes afin d'obtenir des données solides permettant de mesurer les progrès des patients, ajoute le Dr Molloy. L'avantage d'utiliser la doxycycline et la rifampine, deux antibiotiques qui existent depuis une cinquantaine d'années, est que la communauté médicale dispose d'énormément de renseignements sur leur mode de fonctionnement. Ces antibiotiques sont ordinairement prescrits à long terme, pendant jusqu'à deux ans, et nous savons qu'ils n'entraînent pas d'effets secondaires. Un autre énorme avantage est que ces médicaments existent sous forme générique, ils sont donc relativement peu coûteux. »

Une fois que les patients auront commencé à prendre ces médicaments, ils reviennent à la Clinique d'évaluation gériatrique tous les trois mois pour une évaluation de suivi et des prises de sang.

Le Dr David Cowan est le gériatre en chef du Programme d'évaluation gériatrique à l'emplacement GNG. « Le personnel appuie fermement cette étude et, jusqu'à présent, 24 patients de la région de Niagara ont été recrutés. La moyenne d'âge de nos patients est d'environ 80 ans et pour les soignants, la participation à cette étude nécessite un véritable engagement. Ce sont les soignants qui doivent s'assurer que les patients prennent leurs médicaments et qu'ils se présentent à leurs rendez-vous tous les trois mois pendant un an. Il peut donc s'agir de tout un défi! »

Les Drs Molloy et Cowan, dont la pratique cible les personnes âgées, sont très conscients des effets que peut avoir la démence sur les autres membres de sa famille. « Il est vrai que lorsqu'un membre de la famille est atteint de cancer ou d'une maladie cardiaque, la situation touche un grand nombre des membres de la famille. C'est aussi le cas pour la démence, termine le Dr Cowan. Il est déchirant de voir un être cher lentement sombrer dans la démence, lorsqu'il devrait pouvoir se remémorer sa longue vie, connaître et apprécier sa famille. Nous avons grand espoir que cette étude permettra de faire une énorme différence pour un grand nombre de nos patients. »

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